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27.8.2010 par admin.
Le regain des voyages d’affaires, séminaires d’entreprise et autres conventions de force de vente, qui avaient beaucoup souffert de la crise, a largement contribué au net redressement des comptes des principales enseignes hôtelières observé au cours du premier semestre. Le groupe Accor a annoncé, jeudi 26 août, une croissance de 5,1 % de son chiffre d’affaires et un doublement de son résultat, à 154 millions d’euros.
“Nous assistons à une vraie reprise de cycle en Europe”, assure Gilles Pélisson, le PDG du groupe, qui compte dégager cette année un résultat compris entre 370 et 390 millions d’euros (contre 236 millions en 2009). Ces bonnes nouvelles sont imputables aux performances de l’hôtellerie de haut et de milieu de gamme. Novotel et Mercure ont dégagé une marge brute de 30 %. Leur fréquentation est assurée par les déplacements professionnels qui, ces derniers mois, ont aussi contribué à remplir la classe “affaires” des compagnies aériennes.
“La clientèle des voyages professionnels, que certaines sociétés avaient totalement gelés en 2009, est revenue, ce qui a permis de faire remonter les taux d’occupation et les prix, surtout en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France”, observe M. Pélisson. Mais si ces clients sont plus nombreux, ils ne reviennent pas dans les établissements de catégorie supérieure qu’ils avaient délaissés l’an passé. Moins touchées par la crise en 2009, les enseignes de l’hôtellerie économique du groupe Accor (Ibis, Etap Hôtel, Formule 1, All Seasons), plus tributaires du tourisme classique de loisirs, affichent une moindre progression (5,5 %, contre 6,7 % en 2009). Aux Etats-Unis, la chute atteint presque 4 %.
De son côté, le groupe Louvre Hôtels enregistre au premier semestre des évolutions comparables. Sa chaîne économique Première Classe fait du surplace tandis qu’un cran au dessus, Campanile gagne 7 % de chiffre d’affaires et que Kyriad, plus huppé, progresse de 8 %. Quant au numéro un mondial de l’hôtellerie, le britannique IHG (Intercontinental, Crown Plaza, Holiday Inn), il a annoncé un bénéfice net de 141 millions de dollars (111 millions d’euros) pour la même période, après une perte de 29 millions de dollars en 2009, et une activité en progression de 6 %.
Constat principal d’Andrew Cosslett, directeur général de IHG : “Les voyageurs d’affaires reviennent en masse”. L’Office du tourisme de Paris fait la même observation. “Avec 8,3 millions de nuitées entre janvier et juin 2010, en croissance de 12 %, la fréquentation des touristes d’affaires dépasse les meilleurs niveaux enregistrés depuis 2006″, souligne-t-il dans son bilan semestriel publié jeudi.
Rattrapage
Les grands groupes mondiaux restent pourtant sur leurs gardes. Ce regain, qui constitue en partie un phénomène de rattrapage, doit être confirmé. “En Europe, les tendances sont plutôt bonnes pour les trois prochains mois ; ensuite, tout dépendra des évolutions macroéconomiques qui paraissent encore incertaines”, commente prudemment le PDG d’Accor, qui maintient son objectif de se hisser du quatrième au troisième rang du classement mondial. Louvre Hôtels se dit “raisonnablement optimiste” pour 2010, tandis que l’état-major de IHG met lui aussi en exergue “la lisibilité limitée de l’environnement économique”.
Pour améliorer leur rentabilité et mieux se protéger face aux variations d’activité, les grands groupes hôteliers comptent poursuivre une stratégie qui les amène à céder une partie croissante de leur patrimoine immobilier afin de se concentrer sur leur métier d’opérateur hôtelier. Au cours du premier semestre, Accor a modifié le statut de trente-huit de ses hôtels, désormais exploités en contrat de gestion (une redevance est versée au nouveau propriétaire) ou en franchise. Lundi 23 août, le groupe a annoncé la cession des murs de 48 hôtels en Europe, qui lui rapportera 367 millions d’euros.
De son côté, l’alliance Louvre Hôtels-Golden Tulip ne détient en propriété que le quart de ses 1 140 hôtels. Ces modes de gestion, qui se développent sous la pression des marchés et concernent principalement le milieu et le haut de gamme, sont destinés à réduire le montant des capitaux nécessaires à l’exploitation d’un parc hôtelier et à renforcer la rentabilité à court terme.
Ce désengagement vise aussi à desserrer la contrainte financière. Les cessions réalisées par Accor au cours des six derniers mois doivent ainsi contribuer à réduire de près de 300 millions d’euros l’endettement du groupe.
Toutefois, le principal relais de croissance de l’industrie hôtelière se situe dans les pays émergents, où la clientèle des particuliers ne cesse de se développer. Selon une étude du consultant MKG, le parc a progressé, en 2009, de 1,9 % en Europe et de 0,6 % aux Etats-Unis, mais de 8,5 % dans la zone Asie-Pacifique et de 6,9 % en Afrique et au Moyen-Orient. Confrontées à la concurrence des groupes locaux (en 2009, les enseignes chinoises Home Inns et Jin Jiang ont augmenté le nombre de leurs chambres de 70 % et 16 %), les grandes chaînes internationales multiplient les projets. Avec son partenaire InterGlobe, Accor va ouvrir 90 hôtels de milieu de gamme en Inde d’ici à 2015 pour un investissement de 120 millions d’euros.
Jean-Michel Normand
Source : lemonde.fr
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27.8.2010 par admin.
Avec 36 millions de nuitées estivales, les hôteliers parisiens sont ravis. D’autant qu’ils ont augmenté leurs prix de 3% en un an.
LA nouvelle ne manquera pas d’être étudiée à la loupe par les conjoncturistes: les professionnels du tourisme ont retrouvé le sourire à Paris et prévoient d’atteindre le chiffre inespéré de 36 millions de nuitées en 2010 comme l’excellent année 2007. “Il y a un an, nous avions envisagé trois scénarios pour 2010 et pour le moment on observe une situation meilleure que notre scénario le plus optimiste”, jubile Paul Roll, le directeur de l’Office de Tourisme de Paris.
Tous les indicateurs sont au vert. Entre janvier et juin et malgré le black out de plusieurs jours en raison de l’éruption du volcan islandais, 8,2 millions de touristes ont choisi Paris (+12%), les nuitées hôtelières ont augmenté de 7,3 % avec un taux d’occupation des chambres de 77,8 % (+3,7 points) et un prix moyen de 145 euros en hausse de près de 3 %.
Non seulement les hôtels parisiens ont mieux vendu leurs chambres mais en plus ils ont nettement augmenté leurs prix moyens. Principal moteur de ce redémarrage, le tourisme d’affaires, celui qui rapporte le plus, est en hausse de 12% avec 8,3 millions de nuitées enregistrées sur les six premiers mois de l’année.
Autre phénomène, les Français sont venus plus nombreux (+13,4% par rapport à 2009). “On constate une tendance lourde des touristes en direction du tourisme urbain et une attractivité forte de la destination Paris par rapport à ses concurrents européen Berlin, Amsterdam, Rome ou Vienne”, souligne Jean Bernard Bros, adjoint au maire de Paris en charge du tourisme.
Enfin, alors que le nombre très important de touristes européens et nord américains en en léger retrait, la croissance vient des pays émergents dont le poids ne cesse d’augmenter dans le tourisme parisien. Parmi eux, la Chine (+33,6% de nuitées), l’Asie du Sud Est, l’Inde, la Russie, le Brésil et le Mexique ainsi que les pays du Proche Orient dont les nuitées ont augmenté de près de 30% également. Ces chiffres concernant le premier semestre de l’année, ne devraient pas être contredit par le reste de l’année car le calendrier est rempli de congrès et événements drainant un fort tourisme d’affaires.
La mairie de Paris en profite au passage pour s’attribuer une partie de ce succès. “Nous avons beaucoup travaillé pour rendre Paris très attractive, grâce à Paris Plage, au Vélib, et aux efforts des différents sites historiques de la capitale, nous allons maintenant développer l’attrait de Paris la nuit et réaménager les voies rive droite et une partie de la rive gauche”, assure Jean-Bernard Bros.
Mais la meilleure publicité pour Paris cette année, a été offerte gratuitement et indirectement par Google qui a consacré un spot à Paris, diffusé le soir du Super Bowl à la télévision américaine.
Jean-François Arnaud, journaliste à Challenges, jeudi 26 août.
Source : challenges.fr
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