Malgré une météo plus favorable que l’an passé, la saison touristique risque d’être très moyenne en dépit d’une arrière-saison qui s’annonce bien. De fait, juillet, qui a démarré tard, a été très décevant. La faute à la crise?
L’observatoire du comité régional du tourisme constate, en tout cas, que sur la période du 1erjuin au 14juillet, la conjoncture économique et un contexte de hausses de tarifs, ont nettement pesé sur la consommation des vacanciers.
Retour des étrangers
«Si les touristes étrangers, moins nombreux à choisir la Bretagne ces dernières années, sont revenus, c’est la clientèle française qui fait défaut. Elle dépense moins et les restaurants s’en ressentent», confirme l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie. L’Umih relève, par ailleurs, que si, pour juin, la fréquentation des hôtels et restaurants bretons se situe dans la moyenne des années précédentes, «la clientèle attendue pour juillet n’est pas venue».
Gîtes en baisse
Une clientèle que l’on ne retrouve pas, non plus, dans les gîtes. Le comité des Côtes-d’Armor des Gîtes de France estime que la saison est encore moins bonne que l’an passé, «alors qu’on avait déjà perdu 15% par rapport à à 2008. La saison n’a pas vraiment démarré avant le 16 ou le 17juillet. De plus, la dernière semaine de juillet, il y avait 50gîtes encore disponibles; du jamais vu». Même constat dans le Finistère, avec un littoral qui s’en sort correctement contrairement à la zone sublittorale (15-20km) et pire encore dans le Centre-Bretagne. Dans le Morbihan, si la fréquentation de juillet n’a quasiment pas baissé, «les séjours sont plus courts», en revanche. Une saison peau de chagrin, déplore également Yves Le Floch, président de la Fédération bretonne de l’hôtellerie de plein air: «On a eu un peu de monde à Pâques mais mai et juin, vu le nombre limité de ponts, ont été calmes. Quant à juillet, c’est décevant. On attendait plus de monde, vu la météo, que ce soit en location de mobil-homes ou en camping. La pleine saison, désormais, se limite quasiment à la première quinzaine d’août. Surtout cette année, où le 15 tombe un dimanche. Les gens risquent de partir dès le 16…». Certes, les prévisions pour septembre sont encourageantes. Mais, estime Yves Le Floch, «si l’on accueille plus de monde en arrière-saison, c’est aussi en raison de prix promotionnels. Le chiffre d’affaires ne suit pas. On fait des nuitées mais pas de chiffre». Et de regretter, à cet égard, que «certains établissements recourent à des prix bradés dès juillet».
À la dernière minute
«Depuis deux, trois ans, les gens ont pris l’habitude de négocier», constate-t-on aux Gîtes de France des Côtes-d’Armor: «Ils attendent le dernier moment, guettant les prix promos. On sait que sur les 150 gîtes qui ne sont pas réservés dans la dernière semaine d’août, on en louera ainsi une bonne cinquantaine». Une tendance sur laquelle tablent les hôtels et restaurants de la région, espérant une relance de la fréquentation de leurs établissements en août. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle saison ne battra pas des records. Et à terme, c’est toute une filière, fragilisée qui va se retrouver face à des problèmes d’investissements pour se remettre au goût du jour et aux nouvelles habitudes et attentes des vacanciers.
La moitié des professionnels satisfaits
La moitié des hébergeurs professionnels se disent satisfaits de la fréquentation touristique du mois de juin et des 15 premiers jours de juillet, qui serait globalement stable par rapport à l’an passé, selon l’Observatoire du comité régional du tourisme. Mais un tiers se disent insatisfaits. En revanche, 75% des hébergeurs «tendance» (cabanes dans les arbres, roulottes, yourtes, péniches) affichent leur satisfaction. Chambres d’hôtes. En déclin. Il y a quelques années, il était impossible de trouver une chambre d’hôte en Bretagne durant la pleine saison. Aujourd’hui, on attend le client, particulièrement dans le Centre-Bretagne et les réservations sont calmes ailleurs. L’augmentation des prix permet, toutefois, de maintenir le chiffre d’affaires. Campings. Les exploitants de campings soulignent que le secteur marchand de ce mode d’hébergement ne représente plus désormais que 30 à 40% selon les secteurs en Bretagne. L’hébergement dans la famille, chez des amis mais aussi les très nombreux camping-cars stationnés sur les aires d’accueil leur échappent. Équipements de loisirs. La fréquentation des équipements de loisirs de plein air a été dopée par les bonnes conditions météo de juin et des quinze premiers jours de juillet. La stabilité est de règle, en revanche, pour des équipements comme Océanopolis: moins 3.000 visiteurs en juillet; à relativiser compte tenu des 450.000 visiteurs annuels. Châteaux, musées et golfs, eux, sont toujours dans l’attente d’une reprise de la fréquentation étrangère. On note, toutefois, une légère augmentation de la clientèle britannique en début de saison.
Hervé Queillé
Source : letelegramme.com
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