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Les meilleurs bagages

Posté par admin le 11.2.2010 @ 17:30 Dans Tendances | Aucun commentaire

Très ouvert, le secteur recrute toujours à tour de bras. Mais les carrières se font au mérite !

 

Effectifs  : 900 000 salariés

Cadres  : 63 640 cadres

Recrutement cadres en 2009  : 2 300 (hôtellerie-restauration)

 

Paris est décidément une ville-lumière. Quatre nouveaux palaces devraient illuminer le quartier des Champs-Elysées d’ici à deux ans : le Royal Monceau, le Shangri La, le Mandarin oriental et le Peninsula. A la clé, des centaines d’emplois, de la gouvernante au directeur commercial, du réceptionniste au gérant du spa, du concierge au chef cuisinier. « C’est une formidable opportunité de travailler pour ces groupes asiatiques de renommée internationale, assure Valérie Lamson, fondatrice du cabinet de recrutementTovalea. Ils s’attachent au bien-être des clients comme à celui des employés, qu’ils font évoluer très vite en fonction des compétences. » Le futur palace de l’avenue d’Iéna a d’ailleurs créé un blog pour recruter ses 400 collaborateurs : areyoushangri-laparis.com. A visiter.Voilà un courant d’air frais dans l’hôtellerie haut de gamme après la morosité des deux dernières années. «Mais attention, les salaires, eux, n’ont pas repris»,déplore Valérie Lamson. Et la reprise profite avant tout aux commerciaux. Du coup, les diplômés des écoles de commerce type ESCP ou ceux de Sciences-Po déboulent sur ce marché jusque-là monopolisé par les grandes écoles hôtelières : Lausanne en Suisse ou Vatel en France. Ces candidats-là gardent une prime à l’embauche, ils connaissent le métier de l’intérieur. Comme Damien Jean, diplômé du master 2 « management hôtelier international » de Vatel :«Après un bac S, j’ai été barman puis chef cuisinier. Ensuite, j’ai appris le marketing et la finance chez Vatel. » Il devrait bientôt être embauché à la direction financière du Concorde Lafayette, un 4-étoiles parisien.

 

Mais la grande école spécialisée n’est pas un passage obligé. «Attention à la floraison de licences et masters aux débouchés incertains, prévient un spécialiste du secteur. Les BTS placent encore correctement en volume des managers, gestionnaires ou responsables adjoints d’établissement dans les chaînes de restauration et d’hôtellerie. » D’ailleurs, le seul métier porteur du moment - le yield manager ou l’art de faire varier les prix en fonction des taux d’occupation des chambres - s’apprend via un BTS de gestion hôtelière. Enfin, nul besoin d’être un « bac+++ » pour terminer en haut de l’échelle. « C’est un rare métier où l’ascension sociale fonctionne à plein, insiste Christian Bruneau, directeur de la publication du journal «l’Hôtellerie Restauration». Dans ce milieu, on ne devient dirigeant souvent qu’après avoir été réceptionniste ou serveur.»Ca tombe bien : la pénurie de jeunes professionnels dans ces «petits» métiers, cuisine et service, est récurrente. Le secteur est en tête du baromètre Manpower des prévisions d’embauche pour le 1er trimestre 2010 : +7%. Par ailleurs, le groupe McDonald’s annonce 15 100 nouveaux postes en 2010, et Sodexo, numéro un de la restauration collective, 4 500. Des recrutements qui ne sont visiblement pas liés à la baisse de la TVA…

 

Au regard des armées de cuisiniers et serveurs, les effectifs du tourisme pèsent peu. On compte 48 000 salariés dans les agences de voyage, organismes de tourisme et guides. Pas beaucoup pour un métier qui fait tant rêver. Alors, on peut tenter sa chance au casting lancé par une start-up de Nantes : elle cherche un aventurier capable de raconter ses voyages en vidéo (inscription jusqu’au 18 février sur www.lejobdevosreves.com). Pour les autres, il faut s’accrocher. Si le BTS tourisme reste le seuil minimum pour entrer dans la profession, les débouchés se réduisent : les entreprises recrutent en priorité des spécialistes de marketing ou d’informatique qu’ils forment ensuite aux métiers du tourisme. Et là encore, ce sont les commerciaux qui ont la cote, comme les « chefs de produit », ces baroudeurs qui conçoivent des circuits touristiques. Résultat, les diplômés des écoles de commerce raflent la majorité des postes. Enfin presque tous. Après un master management des entreprises et des institutions du tourisme à l’Esthua d’Angers, Sophie Goubeau a été embauchée chez un tour-opérateur spécialiste des régions polaires, 66° Nord. Là voilà, à 23 ans, « assistante de production et de marketing ». Son job : assister le directeur dans la préparation de circuits en Norvège et au Canada. Son salaire : 1 800 euros brut par mois.« On ne fait pas du tourisme pour faire fortune,rappelle Laurence Moisy directrice du Pôle Tourisme à l’Esthua d’Angers. Mais de véritables opportunités apparaissent au fur et à mesure que la filière se structure. » Un exemple : la toute nouvelle licence pro «métiers touristiques de la découverte économique» qu’a suivie Charlotte Tardivel. Au sein de l’association Tistra où elle est chargée de mission, la jeune femme doit favoriser l’ouverture des entreprises de Rhône-Alpes aux touristes. L’usine Badoit, comme les laboratoires de recherche. Autre piste : les nouvelles technologies. « Nos étudiants sont recrutés avant la fin de leur master comme responsables de l’environnement numérique dans les offices de tourisme, les châteaux ou les musées», indique Laurence Moisy. Ou encore l’hôtellerie de plein air. N’oublions pas que le camping est le premier mode d’hébergement touristique en France…

Eve Roger

Le Nouvel Observateur

 

 


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