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Les défis du tourisme français : ce que valent vraiment les étoiles (3/5)
Posté par admin le 21.7.2008 @ 10:23 Dans Ministère en charge du Tourisme | Aucun commentaire
Première destination touristique au monde, la France doit faire face à une concurrence étrangère de plus en plus dynamique. Cette semaine, lepoint.fr vous propose de découvrir les challenges et les mutations d’un secteur qui emploie deux millions de personnes.
Une belle vue, des chambres spacieuses, des équipements modernes, un accueil agréable, une propreté irréprochable, voilà en résumé ce qu’attendent les touristes d’un des 17.600 hôtels classés en France. Mais derrière les étoiles affichées sur la façade de l’établissement, la réalité est souvent décevante : une literie hors d’âge, une décoration vieillissante, un équipement désuet… Autrefois gage de qualité, que valent aujourd’hui les étoiles ? “Plus grand-chose”, s’accordent à dire les professionnels du secteur. Au fil des ans, elles ont perdu de leur éclat. Pourtant les trois quarts des voyageurs disent se fier aux étoiles lorsqu’ils choisissent leur hôtel, tout en reconnaissant que les classements n’ont aucune fiabilité, tant en termes de confort qu’en termes de prix. Pour les touristes, les étoiles sanctionnent la qualité de la prestation. Or, les normes de classement - de 0 à 4 étoiles luxe - fixées par un référentiel datant de 1986, imposent des contraintes principalement quantitatives, de superficies à respecter et d’équipement à posséder, mais pas qualitatives.
Le classement d’un établissement repose sur une démarche volontaire de l’hôtelier. Le propriétaire formule une demande auprès de la préfecture qui diligente la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes qui donne un avis favorable ou non. L’hôtelier se voit alors accordé le nombre d’étoiles correspondant aux normes de classement ( [1] lire notre encadré ). Une fois le sésame attribué, le propriétaire est rarement inquiété, les étoiles lui sont acquises quasiment à vie. “On sait très bien que les contrôles faits par la répression des fraudes sont limités, voire inexistants. La moyenne, c’est un contrôle tous les huit ans. Il n’y a pas de vraies pressions sur les propriétaires”, explique Arnaud Deblauwe, rédacteur en chef adjoint du magazine Que choisir . “La tentation de ne plus rénover, de ne plus réinvestir est grande.” Résultat, aujourd’hui 1/4 de l’hôtellerie française classée est considérée comme vieillissante, voire vétuste, et 1/3 des hôtels sont à bout de souffle dans les prestations qu’ils proposent. Seul 1 hôtel classé sur 6 serait irréprochable aux yeux de la clientèle hôtelière, toutes catégories confondues.
Ces signaux ont conduit les pouvoirs publics à agir. “La part française dans le tourisme mondial - qui était de 12 % dans les années 1990 - est tombée à 9 % en 2007, ce qui est le signe d’une urgence à agir. Nous avons donc souhaité mener une réflexion stratégique sur la situation de l’industrie touristique française”, [2] explique au point.fr le ministre du Tourisme Hervé Novelli . “J’ai annoncé une réforme de l’hôtellerie et la mise en place d’un classement basé sur un référentiel entièrement révisé et enrichi.” La réforme de la classification des hôtels, véritable serpent de mer, lancée une première fois en 2006 par Léon Bertrand, ministre délégué au Tourisme dans le gouvernement de Dominique de Villepin, a donc été relancée.
“La montagne a accouché d’une souris”
Une commission constituée de cinq syndicats hôteliers (Umih, Synhorcat, Gnc, Fagiht et Cpih) en charge d’élaborer le contenu des nouvelles normes ont rendu leur copie mi-juin. “La montagne a accouché d’une souris”, regrette le président du Comité pour la modernisation de l’Hôtellerie française Mark Watkins (1). “Les propositions des syndicats hôteliers nous paraissent sans ambition, sans panache, sans possible efficacité et sont même à certains égards rétrogrades. Avec ces nouvelles normes de classement hôtelier de 2008 proposées, l’on est tout simplement passé du XVIIIe au XIXe siècle”.
Parmi les pistes de la commission, on retrouve : la création d’une cinquième étoile pour les établissements de luxe, l’augmentation de la taille de la literie, un système d’occultation des chambres, la professionnalisation du personnel d’accueil… Le nouveau référentiel regroupe un total allant de 64 critères obligatoires en 1 étoile à 117 en 5 étoiles. Des standards complétés par 166 critères recommandés en 1 étoile et jusqu’à 111 en 5 étoiles. Pour autant, par rapport aux normes de 1986, le nouveau référentiel n’ajoute que peu de superficie supplémentaire pour les chambres (voir le tableau ci-dessous). Il autorise par contre les deux étoiles à ne pas disposer de salles de bains avec WC dans 25 % de leurs chambres et accorde aux hôtels 1 étoile de ne pas en disposer du tout alors qu’elles sont aujourd’hui obligatoires dans 20 % des chambres de ces établissements. Question équipement, le nouveau référentiel ne rend pas non plus nécessaire le poste de télévision dans certaines chambres des hôtels 1, 2 et 3 étoiles. La télévision est simplement recommandée dans 25 % des chambres 1 étoile, 50 % des chambres des 2 étoiles et 75 % des chambres des 3 étoiles. Une proposition étonnante quand on sait que près de 96 % des foyers possèdent une télévision et surtout que 76 % des clients voyageant seuls déclarent que la petite lucarne est leur unique loisir.
Le nouveau rapport qui se veut enclin aux évolutions des goûts et des standards de confort connaît quelques ratés. Le ministère du Tourisme prévient que le travail fourni par la commission “est une bonne base” mais que “d’autres acteurs seront auditionnés et mis à contribution avant la fin de l’année pour améliorer plusieurs points pour une mise en route au 1er janvier 2009″. Parmi les propositions retenues, celle de confier les contrôles à des organismes privés et non plus à la répression des fraudes. “Les contrôles seront plus réguliers”, indique le ministère. Pour accompagner ce vaste chantier qui doit s’étendre jusqu’en 2011, le gouvernement a mobilisé son organisme d’aide aux PME, Oséo et la Caisse des dépôts.
“Pour réussir à être plus performante, l’hôtellerie française doit réussir à se rénover dans l’ensemble du pays. Il faut surtout sauver les hôtels situés à la campagne qui font aussi le charme de notre territoire”, prévient André Daguin, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie. Se moderniser ou s’éteindre, c’est le défi des étoiles françaises.
(1) Consultez le Livre blanc sur la modernisation de l’hôtellerie française sur ce [3] site

Source : le point.fr
Article imprimé à partir de le blog de WYM: http://leblog.wymservices.com
URL de l'article : http://leblog.wymservices.com/2008/07/21/les-defis-du-tourisme-francais-ce-que-valent-vraiment-les-etoiles-35/
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[1] lire notre encadré : http://www.lepoint.fr/actualites-societe/que-doivent-faire-les-hotels-pour-decro
cher-les-etoiles/920/0/260860
[2] explique au point.fr le ministre du Tourisme Hervé Novelli : http://www.lepoint.fr/actualites-societe/les-defis-du-tourisme-francais-novelli-
une-urgence-a-agir/920/0/260463
[3] site : http://www.webmarsavril.com/comitepourlamodernisation/index.php?page=notre-livre
-blanc
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